Hier soir, je me suis déplacé dans la capitale pour voir la « finale » du tournoi des 6 nations. Ce match oppose deux grandes nations de ce tournoi, l’équipe de France et le quinze de la rose. Les français, s’ils s’imposent, ont l’occasion de réaliser le Grand Chelem (gagné tous les matchs du tournoi) et de remporter pour la 10ème fois de leurs histoire, ce tournoi. Côté anglais, cette rencontre peut, s’ils en sortent vainqueurs, leur assurer la 3ème place du tournoi. Ce match se déroule dans l’antre du sport français, le stade de France, et le public est bel et bien présent, avec un stade à guichet fermé plus d’une semaine avant le coup d’envoi. Tous les éléments sont donc réunis pour assister à une grande rencontre de rugby.
Le Crunch (nom du match France-Angleterre) commence réellement au moment des hymnes pour chacun des deux pays. God Save The Queen résonne dans ce stade où sont présents un bon nombre d’anglais, puis vient le moment que tout le monde attend, la Marseillaise. A ce moment-là, les 79156 personnes présentes dans le stade la chantent, même les anglais, comme notamment 2 supporters anglais sur les places à côté de moi qui s’égosillent sur l’hymne. L’émotion est vraiment forte à ce moment-là, tous les problèmes géopolitiques actuels ou de pandémie sont oubliés, pour faire place à la folie d’un match.
Le match commence donc avec l’engagement côté français. Souvent durant ce tournoi les français ont mis du temps à rentrer dans leur match mais cette fois-ci la pression sur les anglais est instantanée. Les joueurs du quinze de la rose essayent de ce sortir de cette pression notamment en dégageant beaucoup de ballon. L’arrière français, Melvyn Jaminet est beaucoup sollicité.
A la 9ème minute, les français ouvrent le score grâce à une pénalité sur un super grattage de ballon en face des poteaux. Melvyn Jaminet la transforme, score 3-0 pour les bleus. Les français poussent et arrivent à marquer un essai en bout de ligne sur une splendide passe de romain Ntamak pour Gaël Fickou qui conclut. Cet essai ne sera pas transformé. Donc 8-0 pour la France.
Les anglais n’arrivent pas à avancer et cela grâce à l’énorme défense du pack avant français. Ils s’en remettent donc à des pénalités transformées par Smith grand espoir de la sélection anglaise. Ils vont en réussir 2 durant cette première période, ça sera leur seul point inscrit.
Côté français Jaminet transforme une pénalité depuis les 50 m puis en toute fin de mi-temps un essai est inscrit par François Cros, il sera transformé donc 18-6 à la mi-temps.
Le début de la deuxième mi-temps est marqué par un grand temps fort anglais soldé par un essai ressemblant à celui de Fickou en première mi-temps. Les vagues anglaises déferlent et les français sauvent même un essai, en mettant le bras sous le ballon sur la ligne de but.
Puis, le meilleur joueur de l’année, décide d’arrêter tout suspens et s’en va inscrire un superbe essai juste en face de mes yeux. Bien servi sur une passe après contact, Antoine Dupont raffûte (quand un joueur contre le plaquage) un adversaire pour plonger inscrire l’essai entre les poteaux. Le stade exulte, 25-13 pour les bleus, avec une telle solidité défensive, personne ne voit les anglais revenir.
Fabien Galthié à 3 min de la fin, décide de remplacer Antoine Dupont pour peut-être, lui offrir une standing ovation, où tout le stade se lève et applaudit son numéro 9.
La France va donc s’imposer et réaliser le Grand-Chelem dans une ambiance énorme. Le premier ministre remet le trophée à Dupont qui s’en va le soulever avec ses coéquipiers. Un feu d’artifice illumine tout le stade et Free From Desire sort des enceintes.
Une soirée vraiment exceptionnelle à tous les points autant sportivement qu’émotionnellement.